The take off it's somtimes hard
I dream of a bodyguard
J'aimerai être ce garde du corps, qui te protège, qui s'assure que tu ne manques de rien, qui fait en sorte que tu te sentes bien constamment, qui puisse aussi bien te conseiller que fermer sa bouche, qui corrige tes erreurs, qui en fait à son tour, qui supervise tes déplacements afin qu'aucun danger ne se présente sur ta route, qui ouvre et tient le parapluie au dessus de ta tête dès lors qu'une averse la menace, qui enlève sa veste et la dispose sur tes épaules de sorte que tu n'aies plus froid, qui porte tes paquets à la sortie d'un magasin, qui te conduit ou que tu veuilles te rendre. Cette personne qu'initialement on paye pour se conforter dans un sentiment de sécurité, mais qui par la suite peut devenir bien plus: un frère, un amant, un ami. Tout.
Mais je ne suis pas convenablement baraqué, pas assez courageux pour tenir plus de 24 heures de vol et encore moins suffisamment maigre pour tenir entre tes sacs, tes chaussures ou autres objets utiles à un voyage. Et surtout, je ne suis pas égoïste au point de m'immiscer dans cette expérience fantastique que tu as eu la chance d'obtenir, que je gâcherai par la redondance de mes plaintes et les barrières que je t'imposerai inévitablement, même de manière involontaire. Pas question de t'enlever cette chance d'estimer tes capacités, d'en créer de nouvelles et de t'en servir afin d'accomplir ce que tu jugeras nécessaire, car un garde de corps, quoiqu'il apporte plus d'un avantage, peut entrainer parfois un rapport de dépendance. Je n'ai pas la vocation, ni même la prétention, d'entrevoir une dépendance de ta part envers moi, qui me flatterait sans aucun doute, mais qui me fournirait une bien mauvaise image de ma personne. Être un ami, ce n'est sûrement pas cela.
Non. La profondeur d'une amitié ne se résume pas à la volonté commune de n'être jamais séparé; elle s'évalue plutôt sur l'inébranlable volonté qu'on applique à ce que le bonheur de l'autre soit une priorité absolue, même si cela entraine une souffrance personnelle relativement insupportable. J'ai souffert, quand tu m'as donné la date de ton départ, quand cette illusion d'un départ qui pourrait ne jamais survenir s'est envolé, quand tout est devenu réel, inévitable. J'ai eu l'envie de débarquer chez toi, de te déballer un argumentaire aussi lourd que convainquant visant à absoudre cette perspective de ton esprit, avec une corde solide dans mon sac au cas ou mon discours ne t'atteignait pas. J'ai eu l'envie d'arriver à l'aéroport, de bloquer ton avion d'une manière qui me serait venue durant le trajet, ne serait-ce que pour gagner quelques heures de plus avec toi. Autant de plans élaborés que d'idioties sans noms ont traversé ma raison. Rien ne fut appliqué.
J'ai sais trop que la douleur d'une confrontation est proportionnelle au retard dans laquelle on la plonge. Alors j'ai fermé ma gueule et j'ai laissé ton ombre s'effacer avec la nuit. Je t'ai laissé me sourire, me prendre dans tes bras, m'embrasser comme si nous allions nous revoir le lendemain, probablement parce que ni toi, ni moi ne voulions de déchirants adieux qui n'aurait fait qu'augmenter les plaintes silencieuses qui martelaient nos langue, qui raisonnait avec une intensité telle qu'on les aurait cru audibles au reste du monde. Tu as pris ton train, j'ai attendu le mien, j'ai écouté cette chanson sur le quai. J'ai répondu de façon simple et concise à tes derniers messages. Je me suis endormis, et le lendemain, tu t'envolais, tu décollais pour l'été australien. Ca me bouffe, ca me donne de puissantes envie de te détester, mais plus j'y place une réflexion logique, plus je perçois une chose évidente : j'ai eu raison. Je le sais, et c'est pourquoi je te balance un adieu auquel vient s'ajouter mes plus sincères encouragement. Tu les mérites. Je te déteste ♥
My friends all died in a plane crash
Well there is a god, but he wants cash
Cocoon - My Friends All Died In A Plane Crash