Le désavantage majeur qu'il y a à instaurer la régularité dans une activité, c'est que le non-respect de ladite régularité devient souvent un problème tout comme son respect un challenge. Quand cela convient parfaitement à certaines pratiques, soit parce que la régularité est leur base première, soit parce qu'elle apporte un gain, d'autres, au contraire, n'ont ni la disposition parfaite pour l'inclure, ni la chance. Ainsi, en ce qui concerne les dernières, il advient souvent que la peur de ne pas respecter la constante entraine précipitations et autres facteurs qui, sans être étrangers à la réussite, le sont à la perfection, chose que chacun recherche et redoute plus ou moins.
Je n'entends pas que la recherche de perfection est inhérente, mais elle s'avère suffisamment présente pour devenir un objectif qui pourra prendre une ampleur variable selon les individus. Pour certains, elle sera une perspective dont l'atteinte sera satisfaisante mais dont la fuite ne sera pas non plus catastrophique, comme le fait un objet décoratif lorsqu'il s'installe sur une cheminée qui était déjà bien belle avant. Pour d'autres, et c'est à mon avis ces derniers qui sont les plus à plaindre, la recherche de perfection n'est synonyme de plaisir qu'à partir du moment ou elle a atteint son point final, et où elle n''est donc plus une recherche.
Car la quête du bonheur est sans doute ce qui nous anime le plus, et c'est principalement pour cette raison que l'acharnement peut devenir une formidable qualité. Elle n'est toutefois pas la meilleure, probablement du fait qu'elle place dans chaque action un zèle parfois bien inutile et qu'elle nous rapproche souvent de situations dangereuses, simplement parce qu'il peut exister une différence majeur entre l'effort et l'acharnement. Ils possèdent tous deux des points en commun, comme la capacité à obtenir pour fin une récompense tout aussi agréable que mauvaise, mais demeurent quand même différents. Placer ces deux mots dans un contexte similaire et la différence en question apparaîtra sans doute.
Il serait à mon sens stupide de dire que la perfection n'existe pas, ou alors qu'elle est inaccessible. On la juge toujours impalpable vis-à-vis d'un ensemble et on en oublie fréquemment qu'elle peut concerner un domaine en particulier. Bien qu'elle soit étrangère au fait de devenir le meilleur dans ce même domaine, nous la comprenons souvent ainsi et tâchons en conséquence d'obtenir ce statut. Mais ne recevoir aucune critique n'est pas un facteur véritable pour mesurer la perfection. Il peut être par exemple l'incarnation d'un sentiment d'infériorité qui se déclenche chez les autres, et qui légitimerait leur mutisme, ou encore l'alchimie étrange de l'admiration et de la jalousie. C'est pourtant de la sorte que nous le percevons, et de la sorte que je l'ai perçu.
De la sorte, on voit survenir dans l'activité en question des critères telle que originalité, qui nous démarque de nos collègues, allant parfois jusqu'à nous marginaliser. Avec stupidité, l'on s'enferme dans cette originalité, parce que la concurrence lui est pour le moment interdite, et que, par là, le statut du meilleur nous est automatiquement acquis. On s'enfonce avec acharnement sur ce chemin, on reçoit critique et réprimandes que l'on ne prend pas en considération parce que ceux qui nous les offrent n'exercent pas dans notre domaine et n'en possèdent pas la compréhension nécessaire. Et fatalement, on fini presque systématiquement par se dire que cette quête est vaine, non pas que sa fin est inexistante, mais du fait qu'on ne possède soit pas le niveau pour l'atteindre, soit un zèle trop fort qui est venu absoudre le naturel qui avait construit à la base notre choix de pratiquer cette activité. Perdre ce naturel, perdre l'idée première qui a orienté notre esprit vers ce sentier, c'est là le synonyme le plus parfait de l'imperfection.
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2 commentaires:
On sent bien le littéraire la-dessous. Malgré mes efforts je n'ai rien compris. J'en suis navrée.
Je vous aime
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